Dans cet article
Presque toutes vos dépenses sont des charges : la chambre froide, l'assurance, le loyer. Une borne de recharge sur le parking en est rarement une — c'est un investissement qui rapporte de l'argent par client, et pourtant la plupart des restaurateurs la traitent comme une charge, parce que personne n'a jamais mis les quatre chiffres côte à côte.
Il existe deux types de bornes, et ce ne sont pas deux versions de la même chose : une borne AC est lente et bon marché, une borne DC rapide est puissante et coûteuse. La tentation est de choisir la plus rapide, mais un client attablé n'a pas besoin de vitesse — il a besoin de temps. Et le temps, c'est exactement ce qu'une borne AC lui donne, et pas une borne DC rapide.
Le règlement européen AFIR impose une capacité de recharge minimale le long des grands axes de transport européens (le réseau RTE-T) d'ici 2027. Cette obligation concerne les opérateurs de réseau le long de l'autoroute, pas votre restaurant — rien dans ce texte n'oblige votre parking à quoi que ce soit. Ce qu'il fait en revanche, c'est augmenter chaque année le nombre de voitures électriques qui empruntent ces axes, et donc la probabilité que l'une d'elles s'arrête devant chez vous pour recharger plutôt que pour faire le plein.
Quatre chiffres décident si cela se transforme en argent pour votre établissement : ce que coûte la borne elle-même, combien votre pays en rembourse, ce que dépense réellement un client en charge à table, et combien de sessions il faut pour que la borne se rembourse. Faites le calcul avec vos propres chiffres dans le simulateur ci-dessous — tout tourne dans votre navigateur, rien n'est envoyé ni conservé.
Le guide ultime Finances De Restaurant : 6 Chiffres Qui Décident De Votre Profit De l'investissement aux subventions : tout ce qui garde votre entreprise en bonne santé financière, dans un seul guide. Ouvrir le guideLes 4 chiffres, dans l'ordre où ils tranchent la question
Chaque chiffre s'appuie sur le précédent : le coût d'installation fixe ce qu'il faut rentabiliser, la subvention détermine ce qu'il en reste, le temps d'occupation décide quel moment de la journée vous captez, et le dernier chiffre additionne les trois premiers.
1. Le coût d'installation par prise — et pourquoi presque personne n'a besoin d'une borne rapide
Une borne AC (7 à 22 kW, dite « de destination » car le véhicule reste stationné pendant la charge) coûte en général 1 500 à 4 000 € installée : la borne elle-même, le câblage jusqu'à votre tableau électrique, et la pose. Pour la plupart des établissements, le raccordement électrique existant suffit largement — une borne de 22 kW consomme moins qu'un grand four combiné.
Une borne DC rapide (50 kW et plus) coûte 15 000 à 45 000 € ou plus, et l'essentiel de ce montant ne vient pas de la borne mais du raccordement au réseau : une borne rapide exige souvent un raccordement renforcé, et cette seule mise à niveau peut coûter des dizaines de milliers d'euros avant même que la borne n'ait délivré un seul kilowattheure.
Le chiffre qui se cache derrière celui-ci : une borne rapide coûte dix à quinze fois plus cher qu'une borne de destination. Ce ne serait pas un problème si elle rapportait dix fois plus — et c'est précisément là que les trois chiffres suivants font défaut. Presque aucun restaurant n'en a l'usage : une borne rapide est conçue pour un voyageur qui veut repartir en vingt minutes, et ce n'est pas ce comportement-là qui remplit une salle.
2. La part de subvention varie d'un pays à l'autre — et change plus vite qu'on ne le pense
Il n'existe pas de subvention européenne pour une borne installée chez vous ; ce qui existe, c'est une mosaïque de dispositifs nationaux et régionaux, chacun avec son propre taux, son plafond et ses conditions. Le programme français ADVENIR couvre en général environ un cinquième du coût de fourniture et de pose pour les points non résidentiels et accessibles au public, plafonné à quelques centaines d'euros par prise. Le dispositif néerlandais SPRILA va plus loin pour les PME — jusqu'à 40 % du coût — mais fonctionne selon une fenêtre de dépôt annuelle et un budget qui peut s'épuiser. L'Allemagne a longtemps proposé un dispositif fédéral pour les entreprises couvrant jusqu'à 70 % du coût ; il a depuis été supprimé sans successeur annoncé.
Voici le schéma à retenir : certains dispositifs couvrent un tiers à la moitié de l'installation, la plupart ne couvrent rien ou viennent d'épuiser leur budget, et aucun n'est une certitude durable. Vérifiez le dispositif en vigueur pour votre région avant de demander un devis, pas après — une demande qui arrive trop tard n'est généralement plus recevable.
Reprenez dans le simulateur ci-dessous le taux qui s'applique aujourd'hui dans votre pays. À 0 %, l'outil reste correct — il affiche simplement le coût d'installation complet.
Deux bornes, tracées à la même échelle. La part claire est ce que couvre la subvention, la part foncée est ce que vous payez.
Sur cette échelle, le coût d'installation d'une borne rapide est dix fois plus large que celui d'une borne de destination — ce n'est pas une erreur d'arrondi, c'est exactement le rapport entre 2 800 € et 28 000 €. Les taux de subvention sont les valeurs par défaut ci-dessus et varient énormément d'un pays à l'autre ; remplacez-les dans le simulateur par ce qui s'applique aujourd'hui chez vous.
3. Ce que décide réellement le temps d'occupation : quel moment de la journée vous captez, et qui passe à table
Une session AC dure deux à quatre heures. C'est exactement la durée d'un déjeuner qui s'éternise, ou d'une soirée à table pendant que la voiture recharge toute la nuit. Le client n'a aucune raison de partir avant la fin du repas — il attend de toute façon que la voiture soit prête.
Une session DC dure vingt à quarante-cinq minutes. C'est exactement un café et peut-être un sandwich, jamais un repas complet à table. Le client reste près de la voiture plutôt qu'attablé, et repart dès que la batterie est chargée — quel que soit ce qui reste dans l'assiette.
Cet écart de temps est la vraie différence entre les deux bornes, plus encore que le prix. Un client captif n'est pas un client garanti : il doit attendre, mais il n'est pas obligé de commander. Ne modélisez donc pas 100 % de conversion, mais un chiffre réaliste : sur une session AC de plusieurs heures, la moitié aux deux tiers des clients qui attendent commandent en général quelque chose ; sur un arrêt DC court, cette part est bien plus faible, car le client reste souvent simplement près de la voiture.
Un cycle de 24 heures, avec les cinq moments où un établissement accueille des clients. Les deux barres ci-dessous montrent combien de temps une voiture reste à chaque borne.
2–4 h — un dîner complet, ou une recharge nocturne jusqu'au petit-déjeuner
20–45 min — un café, peut-être un sandwich, jamais un repas complet à table
Une session AC recouvre tout un moment de la journée ; une session DC est trop courte pour y faire tenir plus d'une commande. C'est pourquoi les taux de conversion ci-dessus sont si éloignés — non pas parce qu'un client serait plus généreux que l'autre, mais parce que l'un a du temps et l'autre non.
4. Le seuil de rentabilité en sessions — les trois premiers chiffres additionnés
La formule est simple une fois les trois premiers chiffres connus : coût net d'installation ÷ (marge par session sur l'électricité revendue + dépense moyenne supplémentaire × taux de conversion). On obtient ainsi le nombre de sessions nécessaires avant que la borne ne se soit remboursée — divisé par le nombre de sessions prévues par jour, on obtient le nombre de mois.
Avec une borne AC, une subvention modeste, une session par jour et la moitié de ces clients qui commandent, le temps de retour se situe en général autour d'un semestre. Avec une borne DC rapide — dix fois plus chère à installer, avec un taux de conversion bien plus faible du fait de la courte durée de session — ce même calcul s'étend souvent à deux ans ou plus, malgré un nombre de sessions par jour supérieur. C'est le chiffre qui justifie la première ligne de cet article : presque personne n'a besoin d'une borne rapide, car elle résout un problème que la plupart des restaurants n'ont pas.
Entrez vos propres chiffres dans le simulateur ci-dessous pour voir ce que cela signifie pour votre établissement. Les quatre valeurs par défaut de chaque type de borne sont des points de départ réalistes, pas une prédiction — remplacez-les par ce que vous anticipez réellement.
Faites le calcul avec vos propres chiffres
Choisissez d'abord le type de borne envisagé — les valeurs par défaut s'ajustent automatiquement à ce qui est réaliste pour ce type. Remplacez-les ensuite par votre propre devis, votre propre taux de subvention et vos propres attentes.
Le simulateur affiche le nombre de sessions nécessaires, le temps de retour en mois, et ce que la borne vous rapporte chaque mois ensuite.
Ma borne se rembourse-t-elle ?
Choisissez votre type, entrez vos propres chiffres — le reste se recalcule pendant que vous tapez.
—
Calcul indicatif basé sur vos propres données. Les taux de subvention, les prix de l'électricité et le comportement des clients varient énormément selon le pays et l'établissement — ceci est un modèle, pas un devis.
Deux choses à retenir. D'abord : le temps de retour d'une borne AC et celui d'une borne DC rapide sont rarement comparables avec les mêmes valeurs par défaut, et c'est exactement la conclusion que cet article cherche à démontrer — non pas qu'une technologie soit meilleure, mais qu'elles sont conçues pour des usages différents.
Ensuite : changez un seul chiffre et observez ce qui se passe. Une subvention plus élevée raccourcit le temps de retour de façon linéaire ; un taux de conversion plus élevé le fait plus vite qu'on ne le pense, car il agit directement sur les revenus mensuels et non seulement sur le coût initial.
Ce que vous faites cette semaine, ce mois-ci et ce trimestre
Calculer quatre chiffres est la première étape. Cet ordre garantit que vous les utilisez réellement avant de signer un devis.
Cette semaine — fixer le chiffre
- Remplissez le simulateur ci-dessus avec vos propres compteurs de clients, moments de la journée et dépenses attendues.
- Vérifiez si votre pays, votre région ou votre commune propose actuellement une subvention pour les bornes non résidentielles, et à quelles conditions.
- Demandez à votre gestionnaire de réseau si votre raccordement actuel peut supporter une borne AC sans mise à niveau — cela économise à lui seul plusieurs milliers d'euros.
Ce mois-ci — comparer les devis
- Obtenez au moins deux devis pour une borne AC de destination (7–22 kW), câblage et pose inclus.
- Déposez toute demande de subvention avant de signer — la plupart des dispositifs rejettent une demande arrivée après la commande.
- Décidez de l'emplacement physique de la borne : visible depuis la salle, proche du tableau électrique, et pas sur vos meilleures tables en terrasse.
Ce trimestre — installer, puis mesurer
- Faites installer et fixez le prix de revente de l'électricité sur une marge calculée à l'avance, pas au hasard.
- Après trois mois, mesurez vos sessions réelles par jour et votre taux de conversion réel, et reportez-les dans le simulateur pour voir votre vrai temps de retour.
- Intégrez les sessions et le chiffre d'affaires supplémentaire dans votre simulateur de revenus, pour que la borne fasse partie de la planification de votre établissement plutôt qu'une ligne isolée.
La borne n'est pas une charge — si vous choisissez le bon type
Le schéma que rencontre presque chaque restaurateur qui fait ce calcul est le même : une borne AC de destination se rembourse en moins d'un an, souvent en six mois, car le coût d'installation est faible et le temps d'occupation correspond presque exactement à un repas. Une borne DC rapide coûte dix fois plus cher à installer et capte un client qui n'a pas le temps de commander — le calcul joue rarement en sa faveur pour un restaurant.
Le règlement AFIR signifie que davantage de voitures électriques emprunteront les grands axes européens dans les années à venir, pas que votre établissement doit installer quoi que ce soit. Ce qu'il fait, c'est augmenter la probabilité qu'une de ces voitures s'arrête chez vous — et que cela se transforme en argent dépend non pas du règlement, mais des quatre chiffres ci-dessus.
Mettez ces quatre chiffres à côté de vos autres investissements. Le plan de financement et le calcul de ROI fonctionnent de la même façon : pas une règle empirique, mais vos propres chiffres face à une formule qui tient la route.