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L'ETS2 est le deuxième système européen d'échange de quotas d'émission : dès 2028, les fournisseurs de gaz naturel, de fioul de chauffage et de carburant routier devront acheter des quotas pour le CO2 émis par leur combustible — un coût qu'ils répercuteront dans le prix que vous payez au mètre cube ou au litre, exactement comme les accises aujourd'hui.
Précisons d'emblée : il ne s'agit pas du système que paient déjà les centrales électriques et l'industrie lourde depuis des années — celui-là, l'ETS1, existe déjà et est déjà intégré dans le prix de l'électricité. L'ETS2 est nouveau, il vise spécifiquement le chauffage des bâtiments et le transport routier, et concerne donc directement toute cuisine encore alimentée au gaz.
Presque aucun restaurateur n'en a entendu parler, pour une raison simple : tout ce qui est publié sur l'ETS2 s'adresse aux industriels et aux transporteurs, jamais à la restauration. La date a en plus bougé depuis l'annonce initiale — ce qui ressemblait à "l'année prochaine" en 2025 a été repoussé d'un an en novembre 2025. Ce guide vous donne trois chiffres, une frise chronologique et un simulateur pour anticiper calmement, sans rien devoir décider aujourd'hui.
La frise chronologique : du suivi au paiement
La frise chronologique : du suivi au paiement
Quatre dates à retenir — la date de départ a été repoussée d'un an par rapport au plan initial
Les fournisseurs de combustible commencent à mesurer et déclarer leurs émissions de CO2, en préparation — rien n'est encore facturé cette année.
C'était la date à laquelle l'ETS2 devait réellement démarrer. Cette date a depuis été abandonnée.
En novembre 2025, les institutions européennes ont convenu de repousser le démarrage effectif d'un an, à 2028 — avec une clause de sauvegarde supplémentaire si les prix de l'énergie restent exceptionnellement élevés en 2026.
Un plafond de prix limite le choc des premières années ; vers 2030, le dispositif est davantage déployé et le prix de marché sera réévalué.
L'essentiel à retenir : 2027 n'est plus la date de démarrage — c'est désormais 2028, 2027 ne restant pertinent que comme l'année de référence du plafond de prix.
Ce report n'est pas un détail. Il est né des négociations plus larges sur l'objectif climatique européen à 2040, précisément par souci pour la facture énergétique des ménages vulnérables et des petites entreprises — exactement la catégorie dans laquelle se trouve un restaurant indépendant. Autrement dit : vous avez gagné un an pour vous préparer, pas perdu un an.
Le guide ultime Finances De Restaurant : 6 Chiffres Qui Décident De Votre Profit Du taux de TVA au seuil de rentabilité : tout ce qu'il faut savoir pour garder votre restaurant financièrement sain, en un seul guide. Ouvrir le guideLes trois chiffres à retenir
Oubliez les petits caractères du règlement européen. Retenez ces trois chiffres, et surtout retenez qu'il s'agit d'estimations, pas d'un devis de votre fournisseur — le prix réel dépendra des taxes nationales, de votre propre contrat et de l'évolution du marché entre-temps.
Le prix de marché attendu par les analystes indépendants
Un plafond de prix autour de 59 € par tonne (aux prix de 2027) est intégré pour limiter les chocs des premières années. Où le prix réel se situera dans cette fourchette, personne ne le sait aujourd'hui — c'est une estimation, pas un tarif fixé.
L'impact estimé vers 2030 environ
Plus l'horizon est lointain, plus le chiffre est incertain — c'est l'estimation des analystes pour le moment où le dispositif sera pleinement déployé, pas un pourcentage applicable dès demain.
Ce que cela peut coûter à vos fournisseurs et à vos propres véhicules de livraison
Cela ne touche pas votre cuisine, mais bien le prix du diesel de vos propres livraisons et une éventuelle surcharge carburant répercutée par un fournisseur.
À noter : l'électricité est volontairement absente de cette liste. Elle relève déjà de l'ETS1, le système d'échange de quotas plus ancien pour les centrales électriques, donc l'ETS2 n'ajoute aucune nouvelle ligne de coût séparée pour l'électricité. Une cuisine entièrement à induction n'échappe pas à tout prix du carbone — mais elle échappe bien à celui-ci en particulier.
Estimez ce que cela pourrait représenter pour votre cuisine
Indiquez votre dépense annuelle actuelle en gaz naturel ou en fioul de chauffage et choisissez un scénario. Vous n'obtiendrez pas un chiffre exact — personne ne peut honnêtement vous en donner un aujourd'hui — mais une fourchette à intégrer dans votre planification à long terme, plus le montant du scénario que vous jugez le plus probable.
Que pourrait signifier l'ETS2 pour votre facture de gaz ?
Indiquez votre propre chiffre — le résultat est une fourchette, pas un prix exact
Fourchette estimée par an dès 2028 (5–15 %)
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Votre scénario choisi
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Une cuisine équivalente fonctionnant entièrement à induction n'aurait pas cette ligne de coût spécifique — l'électricité relève déjà de l'ETS1 et a son propre historique de prix, indépendant de ce mécanisme.
Rappelez-vous que cette fourchette s'applique à partir de 2028, pas dès demain, et que votre propre fournisseur, vos taxes nationales et le prix réel du marché détermineront le chiffre exact. Ce que vous pouvez en retirer : un ordre de grandeur à intégrer dans votre plan de trésorerie, bien avant que le coût n'arrive réellement.
Ce qu'il faut réellement faire dès maintenant
Il s'agit d'un signal pluriannuel, pas d'une urgence. Le démarrage a lieu au plus tôt en 2028, donc rien à signer ni à remplacer aujourd'hui. Ce qui est réellement utile :
- Planifiez votre prochain renouvellement d'équipement en fonction de cette frise, pas contre elle. Si un fourneau, une friteuse ou une chaudière doit de toute façon être remplacé dans les trois à cinq prochaines années, c'est le moment d'arbitrer entre induction et gaz en intégrant cette ligne de coût supplémentaire dans le calcul — pas une raison de remplacer un équipement fonctionnel avant 2028.
- Demandez à votre propre fournisseur comment il compte répercuter ce coût. Certains l'étaleront sur l'année, d'autres l'intégreront lors d'une révision tarifaire annuelle. C'est une question que vous pouvez poser dès aujourd'hui, sans aucun coût.
- Intégrez le chiffre du simulateur ci-dessus dans votre budget pluriannuel, aux côtés de vos autres coûts énergétiques — pas comme une facture qui tombe demain, mais comme une ligne susceptible de croître à partir de 2028.
- Surveillez les dispositifs de soutien nationaux. Une partie des recettes de l'ETS2 alimente des fonds sociaux et climatiques au niveau européen et national ; plusieurs pays devraient y adosser des aides pour les petites entreprises. Notre guide sur les subventions et l'aide de minimis vous montre comment repérer ce qui existe déjà.
- Envisagez le solaire non pas à cause de l'ETS2, mais dans le cadre du même raisonnement. Si vous investissez déjà pour réduire votre dépendance aux combustibles fossiles, chaque euro retiré du réseau compte aussi face à la hausse du prix de l'électricité. Faites le calcul dans notre guide sur le retour sur investissement des panneaux solaires.
- Renseignez-vous sur un contrat d'énergie pluriannuel à prix fixe. Bloquer un tarif maintenant, avant que la surcharge ETS2 ne soit intégrée, étale la transition au lieu de l'encaisser d'un coup dès l'entrée en vigueur du dispositif.
- Regardez aussi vos propres véhicules de livraison. Quelques centimes à quinze centimes par litre s'additionnent vite sur le kilométrage annuel d'une flotte — une planification plus efficace des tournées, la pression des pneus et le comportement de conduite rapporteront un peu plus par litre une fois cette surcharge en place.
Conclusion : un chiffre à anticiper, pas un incendie à éteindre
L'ETS2 n'est pas une crise qui frappera votre porte demain. C'est un chiffre que vous verrez apparaître sur votre facture de gaz ou de fioul à partir de 2028, quelque part entre quelques pourcents et quinze pourcents, avec un effet secondaire sur le prix du carburant de vos propres véhicules de livraison et de ceux de vos fournisseurs. La bonne réaction n'est ni la panique ni l'ignorance, mais simplement l'intégrer dans votre prochaine rénovation de cuisine, votre prochain contrat d'énergie et votre budget pluriannuel — exactement comme vous gérez déjà les accises et la TVA.
Avoir une vue claire sur ses propres chiffres commence par une vue d'ensemble : un système de réservation qui regroupe vos couverts, votre chiffre d'affaires et vos charges fixes en un seul endroit vous permet de savoir plus vite ce qu'une facture d'énergie en hausse fait réellement à votre marge. Lisez le guide ultime des finances du restaurant ou essayez HappyChef gratuitement pendant 30 jours.